Epilogue

C’est l’heure de mon 12-14h, la pause de tout, l’heure de me retrouver.

Un p’tit verre assorti d’une musique exquise et forte, d’un bon fromage et d’un dessert, des photos un peu partout, mes flûtes à proximité avec des partitions vierges, la mer à portée de regard… C’est ici que j’oublie tout pour mieux tout retrouver, avec un œil différent ; je m’enferme pour mieux éclore ensuite, un nouveau souffle.

C’est le printemps, mon 34 ième, et j’y goûte comme je ne l’ai encore jamais fait, parce que la vie passe vite et qu’elle est belle, que je ne veux pas m’aigrir, et que j’ai encore beaucoup à savourer…

Jusqu’à 30 ans je me suis demandé qui j’étais ou qui je voulais devenir, hésitant entre la révolte qui sourd toujours, la sagesse qui voudrait montrer l’exemple, la famille, le monde artistique tentateur, le social douloureux, l’enseignement, la bohème, la nature, le rêve à plein temps.

J’ai fini par faire des choix en me demandant sans cesse s’ils seraient bons, judicieux, sages et assez réfléchis…

Peu importe : je suis devenue femme, enseignante à temps partiel dans le médico-social pour rester connectée au monde, musicienne dès que je le peux pour mon bien-être, et maman à plein temps pour le bonheur.

La révolte et la sagesse se bataillent toujours là-dedans, elles ont le dessus chacune leur tour… j’ai compris maintenant que si j’ai tant besoin de grand air et d’art, c’est que je recherche l’esthétisme sous toutes ses formes pour oublier les misères du quotidien ; faute de pouvoir changer le monde, j’essaierai coûte que coûte d’en capter la beauté ou de l’embellir…

 J’ai appris beaucoup de choses, j’en ai oubliées aussi pas mal ; j’en ai retenues quelques-unes qui me font avancer :

-quoi qu’il arrive et quoi que je décide, je serai toujours capable de faire n’importe quoi pour ceux que j’aime, et comme ma fille pour ses doudous, j’ai les bras trop petits pour contenir tout l’amour que j’ai à donner,

-quand j’ai fait un choix définitif et que je pense avoir trouvé la stabilité, c’est que le changement n’est pas loin…et  quand je pense que je ne me suis jamais sentie aussi bien, c’est qu’il y aura encore mieux après.

-quand on passe du temps à méditer, écrire ou à composer avec une guitare, un ordi et du chocolat et des nounours en guimauve, il ne faut pas se plaindre que son maillot de bain est serré.

Ado, on m’avait parlé de « chercher mon chemin », je l’ai trouvé…

Bien plus que la perfection,  ce que je recherche, autour et à l’intérieur c'est l’Harmonie.

 

Dernière mise à jour de cette page le 23/07/2009

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